Qu’est-ce que l’IR (Intelligence Relationnelle) ?

C’est un modèle récent de psychothérapie créé par le neurologue français François Le Doze.

L’Intelligence Relationnelle est une psychothérapie neurobiologique. Elle s’appuie sur les progrès de la neuroscience qui nous permettent de mieux comprendre le système nerveux autonome et son lien avec les traumas, ainsi que son impact sur la psyché humaine.

Son théâtre d’action est le corps : le corps blessé, conscient de lui-même, relationnel et capable de guérir.

Son objectif : tirer parti de la blessure psychique pour permettre à l’individu la mise en cohérence entre son corps et son esprit grâce à un système nerveux qui retrouve la capacité de se réguler. Il s’agit d’une approche transformative où l’individu est considéré dans sa dimension corporelle donc relationnelle et sociale.

L’objectif de la psychothérapie neurobiologique est de soigner un organe, le cerveau, pour traiter les difficultés psychiques que l’individu rencontre. 

Le travail en IR vise à apaiser les conflits internes et externes de la personne afin qu’elle puisse retrouver sa sécurité et sa paix intérieures pour récupérer sa capacité à être pleinement en lien avec elle-même et l’autre.
A partir de ce cheminement de guérison intérieure et de cette essence profonde retrouvée, il devient possible pour la personne de déployer son potentiel relationnel dans le présent et de manière mature, ajustée, libre vis de à vis de l’autre.

L’IR intègre dans son approche l’IFS (Internal Family System), la TPV (Théorie Polyvagale de Porges), la théorie de l’attachement et les nouveaux apports de connaissances en neurosciences et en psychothérapie du traumatisme.

3mn pour comprendre l’IR

François Le Doze, le créateur du modèle nous présente l’Intelligence Relationnelle.

La pratique

Le patient arrive en séance avec une situation à traiter, un mécanisme psychologique encombrant dont il souhaite se défaire.

Si le patient est assez régulé (c’est à dire s’il n’est pas débordé par l’émotion et qu’il est en lien avec le thérapeute dans une énergie apaisée/unifiée), le thérapeute va choisir de faire un travail en IFS sur une partie, en autorégulation. C’est le patient qui va pouvoir se réguler, guidé par le thérapeute.

Si le patient est dérégulé (c’est à dire s’il se sent débordé par l’émotion et en incapacité de se réguler lui-même), le thérapeute va alors s’engager dans une co-régulation avec son patient. C’est lui qui va réguler le patient pour lui permettre de retrouver l’apaisement quant à ce sujet.

Quelques exemples :

« Dès que je suis en présence de mon père, je ne contrôle pas ma colère« 

« Je perds tous mes moyens à l’idée de parler en public ou de me présenter lors d’un entretien d’embauche…« 

Si le patient est régulé, on travaille en IFS sur la partie qui est en colère, qui a peur ou qui panique à l’idée de se présenter lors de l’entretien.

Si le patient est dérégulé (réellement paniqué en évoquant le sujet, ou complètement absent ou coupé du thérapeute quand il en parle), le thérapeute va s’engager pour que la personne puisse :

  • retrouver son énergie de « vagal ventral », cette ressource profonde qui lui appartient et à laquelle il n’avait plus accès : il pourra alors prendre les décisions ajustées à sa situation à partir de ce centre.

  • vivre une expérience de lien solide avec un adulte présent, responsable et sécure en évoquant une expérience éprouvante du passé

  • recréer de nouvelles autoroutes neuronales et se dégager des habitudes en termes de chemins neuronaux liées au traumatisme du passé

Pour cela le thérapeute va s’ajuster à son patient pour lui transmettre son savoir concernant le fonctionnement du système nerveux, les troubles d’attachement, les mécanismes activés dans la création de la mémoire traumatique et ses possibilités de guérison. Cela va lui permettre de créer de nouvelles autoroutes neuronales.

Le thérapeute, ancré au maximum dans son vagal ventral, s’engage auprès de son patient dans une collaboration qui n’induit rien, qui est douce, qui propose au lieu d’imposer, qui respecte profondément la personne qui travaille avec lui.

Cest un travail actif pour le thérapeute qui offre au patient un espace de sécurité relationnelle où la guérison devient possible.

L’esprit et le corps sont engagés dans ce travail, c’est ce qui fait la force et la particularité du modèle.
C’est aussi la raison pour laquelle quelques séances peuvent parfois suffire pour un sujet déposé.